Ca faisait un bail Roberto, un petit post dans ce journal onirique. Faudrait que je pense à transférer l’intégralité du journal onirique en .doc qui traîne sur mon PC, un de ces jours. Y’a quand même des trucs à se loler.
Japon, 1910.
Oui, l’image ci-dessus - qui vous incite à lire - fait très 1910.
Comme dans chaque rêve, la magie, c’est qu’il n’y ait pas besoin d’explication au fait de se trouver ici, maintenant, près d’un bâtiment aux briques rouges et aux grands vitrages qui a très peu sa place au Nippon du début de siècle. Mais qu’importe. J’ai découvert les affres du rabu hoteru au pays de l’Oncle Satô. Je sais Roberto, il n’y avait probablement pas ce genre de chose non plus à cette époque, mais le setting était déjà fait, les acteurs castés, le tournage engagé.
Je m’avance donc vers ce bâtiment curieux, qui a plutôt tendance à me faire penser à une sorte de lycée dans le Nord - et c’est ce que c’est, un lycée. Mais un lycée avec des domestiques, ainsi qu’un maître et une maîtresse de maison. Bah. Là où je suis convaincu que quelque chose ne va pas dans ce Japon lillois, c’est que le type de l’accueil me répond en Français par l’encadrure de sa fenêtre. Faut arrêter de déconner Kentaro, ton pays a fait inventer le Toeic, et tu vas me dire que je peux tomber comme ça sur un parfait bilingue Français, et qu’en plus vous le foutez à l’accueil d’une minable école… alors qu’il devrait faire partie d’un cercle académique pour l’occasion ?!
“Ouais, tu peux bosser, faut aller de l’autre côté pour la maîtresse de maison.”
Au début, Roberto, je pensais que c’était parce que je suis un gars que je devais aller voir la maîtresse de maison, mais en fait c’est juste parce que je veux bosser en sous-fifre. C’est normal, c’est une maîtresse de maison. Esprit mal placé.
C’est là que s’interpose sur mon chemin une charmante jeune fille. Nous échangeons quelques mots de politesse, tandis que - magie du rêve - elle m’emmène vers un endroit que je ne connais pas, puisque j’ai de toute façon oublié que je venais pour un boulot.
Notez le subtil changement de ma première réplique à la seconde, du genre “ça y est tu m’as répondu, je suis intégré, on est potes, marions-nous, faisons la guerre ensemble, mêlons notre sang jusqu’à la mort”. Le mec qui passe de l’über-politesse au 俺 le plus Kentaro qui soit.
Nous folâtrons donc quelque peu dans les environs, comme si nous nous connaissions depuis dix ans, ou plutôt comme si elle était jap et moi gaijin, avant de monter à ce ラブホテル des merveilles. Parce que bon, elle et ses copines ont beau utiliser cette chambre avec le prétexte d’y “déposer leurs sacs”, ça sent quand même la copulation cette affaire. Notez que lesdites copines sont absentes de ladite chambre, ce qui aboutit à la conclusion fatale selon laquelle je ne peux toujours pas ajouter le trois-some à mon palmarès onirique. Par contre, je défends la francophonie avec une ferveur académique. La salle est tapissée de coussins, et nous folâtrons un peu plus en adultes.
Jusqu’à être interrompus par lesdites “copines”, qui soit dit en passant ne sont pas très amicales envers ma douce conquête (?). Elles déboulent telles des truies dans la piaule, tandis que je mime admirablement le mec endormi qui n’a rien à faire là. Après avoir mimé le mec endormi qui ouvre les yeux plein de surprise, je m’aperçois qu’elles cherchent leurs affaires, ce qui dans une certaine mesure paraît logique. Sayuki, quant à elle, cherche déséspérément un bouquin - en Français bien sûr, ils sont tous académiciens dans le coin - parmi tous les livres éparpillés sur le sol. Non Kentaro, ne me demande pas comment ils sont arrivés là. Je tente de l’aider, mettant en avant le fait que j’ai une facilité déconcertante à lire les lettres latines. Un de mes potes jap (IRL) m’a en effet soutenu avoir abandonné les RTS à cause de la lecture, non de l’anglais, mais de la simple graphie latine. Ca lui piquait les yeux. Blasphème, infâmie ! Je le dirai à Roberto.
Mais c’est une amie à elle - une avec laquelle j’aurais, je pense, refusé le trois-some - qui finit par trouver l’ouvrage, dont j’ai oublié le titre. C’est à peine si je me souviens qu’il ne comportait qu’un seul mot. Puis, je me réveille, il est l’heure de nous quitter Kentaro. Il est quand même 17:30 après tout.
Alors voilà. Franchement, si dans un rabu hoteru il n’y a même pas de sécurité contre les grognasses qui viennent vous ennuyer pendant que vous folâtrez amoureusement avec une conquête d’il y a dix minutes qui vous a fait perdre une occasion de job, je me demande où va le monde. Ensuite, pourquoi s’étonner que 75% des lycéennes de Tôkyô se soient faites accoster dans la rue par des vieux pervers, quand on sait qu’aller déposer son sac à dos dans un hôtel du cul est une pratique courante ? Et pourquoi continuer à véhiculer le stéréotype comme quoi les Japonais parlent mal les langues étrangères, alors qu’ils sont tous francophones !
Enfin sorti ! Pour ceux qui ne commanderont pas le DVD en import, qui n’auront pas le courage d’attendre la sortie en France, eh bien… Tant pis, c’est ballot
On se rafraîchit la mémoire avec la bande-annonce :
Etant sur place et l’ayant vu lors de sa sortie à Tôkyô, je peux témoinger d’un certain engouement général pour le film, pour ma part très justifié.Django est un savant mélange de western classique et film de samouraïs, anachronie et steampunk à l’appui. Le réalisateur étant un bon copain de Tarantino, ce dernier joue rôle dans le film, même si ses apparitions sont limitées. Le film met en scène gun man, un héros anonyme - tout à fait dans le style du bon vieux Clint - qui débarque dans une ville perdue, disputée par deux clans : les Genji (blancs) et les Heike (rouges). Réunis pour se battre à nouveau après la bataille de Dannoura, survenue il y a plusieurs siècles déjà, les clans cherchent à enrôler gun man pour assurer leur suprématie. Mais quelles sont ses vraies intentions ? Quel lien a-t-il avec l’enfant qui porte les couleurs rouge et blanche ? Où est passée la Légendaire Tireuse ? Go cinoche
Les deux éléments importants :
Voix : Fait par des Japonais, joué par des Japonais, mais tourné en Anglais. Non, je déconne pas. Et pourtant, on pourrait s’attendre à une catastrophe, mais je n’ai pas eu de difficulté particulière à comprendre la plupart des acteurs. Quant à savoir si un doublage anglais sera refait pour les Américains frileux… le temps nous le dira.
Charisme : S’il devait y avoir une raison principale au charisme de SWD, ce serait d’abord sa réalisation qui colle parfaitement aux codes du style western. Le héros solo, le détournement de convoi, la femme aiguicheuse mais pas tant que ça, le pendu aux portes de la ville,… Ensuite, Django est avant tout une idée originale, bien que le samourai western ait déjà été effleuré auparavant. Ce cap passé, concrètement, le film sait rester mystique et dynamiquement soutenu, tout en introduisant une bonne part de délire qui ne détruit pas son sérieux. Les deux chefs de clans y compris. Kiyomori est un bouffon notoire, et Yoshitsune, peut-être le perso le plus gacktien et stylé du film, sait pas mal déconner lui aussi (épisode de Benkei). A contrario, Kiyomori est capable de devenir un personnage sérieux (épisode d’Akira, le père de l’enfant), tout en gardant sa connerie. Enfin, dans Sukiyaki il y a sukiyaki, donc bien entendu le film est blindé d’eye candies pour les fanboys du Japon, ce qui après tout faisait partie du topo
Dernière mention perso pour :
- les apparitions de Tarantino [/fanboy]
- le thème du film, un coup de coeur
Goo ranking a récemment publié une étude intéressante - bien que les résultats soient légèrement prévisibles - des métiers les plus admirés au pays du soleil levant. Etude qui révèle donc dans le même temps les secteurs d’activité considérés comme “indignes” de remerciements, où l’on considère que si tu fais ce métier, c’est que tu te casses pas trop la nénette.
Se côtoient en première position des métiers comme le “paramedic” (comprendre : secours, samu, pompiers etc), le premier ministre de l’archipel, le standardiste au registre des plaintes, l’infirmière, l’aide à domicile et… l’éboueur et le fermier.
Ensuite, dans les “ni chaud ni froid” (comprendre : 50/50), le routier, le médecin, le présentateur télé de la tranche horaire importante, le policier, la femme au foyer et autres. L’enseignant également, et le facteur.
Enfin, les métiers “faciles” comportent… le videur, le mangaka, et le traffic controller.
De ce que j’en conclus :
Se côtoient donc en première position des métiers à risque, ou d’assistance, ce qui reflète à mon sens une mentalité toujours non éduquée de “tu fais un travail de héros, donc tu bosses plus dur, donc tu mérites mon remerciement”. Ce que je cherche à dire, c’est que chez nous, j’ai tout de même l’impression que la femme au foyer a plus de reconnaissance, même s’il s’avère que dans les faits je suis seul à penser qu’elle en mérite autant qu’un pompier. Psychologiquement, ça peut être tout aussi éprouvant. Et bien sûr, l’éternel premier ministre, qui guide notre pays au travers de tous les aléas de la récession. Personnellement, il faudrait me montrer un sondage où les politiques puissent obtenir une telle considération, chez nous en France. Reste quand même malgré tout l’impression qu’ils se cassent plus le cul là-bas que chez nous, mais c’est une impression. La seule exception, étonnante, à cette règle, est l’éboueur. Il est décidément présent par pitié, ouh le vilain travail ingrat. Cela dit, je le remercierais aussi chez nous. Enfin, celui qui m’étonne : standardiste au registre des plaintes. Ils en reçoivent tellement que ça ?
Dans la frange “sans opinion particulière”, ou plutôt “en cours de réflexion”, on retrouve des métiers divers, avec en tête : des contributeurs à l’économie, j’ai nommé monsieur le fermier et monsieur le routier. L’un nourrit son Japon qui en a assez d’importer, l’autre fait marcher le transport de marchandises et la logistique. Dans le reste, jusqu’à l’enseignant déconsidéré, on peut être étonné (ou pas) de retrouver plusieurs métiers stables (quoique) voire enviables, comme la médecine ou le management, ou la présentation télé. Personne n’a envie d’être infirmière après tout, c’est pour ça qu’on la remercie bien, retourne bosser toi la coréenne immigrée qui ne sait rien faire d’autre. Et pourtant, tout le monde voudrait être Prime Minister après une université Tôkyôite. Je trouve en revanche monsieur le policier un peu surconsidéré étant donné le manque d’action qu’il y a là-bas, mais c’est personnel. Quant à la femme au foyer évoquée ci-avant, on sent bien qu’elle monte, monte, mais n’a pas encore la reconnaissance qu’elle mérite. Il est normal et enviable pour la femme japonaise d’incarner l’avenir d’Inoue Orihime, à savoir se taire devant la déconsidération (facile), éduquer les mômes (faciles), tout entretenir (facile), et j’en passe.
Reste le vigile et le traffic controller, qui pour moi devraient recevoir plus de “merci” qu’un présentateur télé. Le mec se gèle dans le froid, même si psychologiquement c’est moins lourd qu’être pompier ou infirmière. Toute la journée debout, et même pas un merci ? Les voilà relégués au rang du mangaka, dont je peux comprendre la position puisque même en bûchant comme un fou enfermé dans son atelier, il n’est fonctionnellement pas intéressant pour la société.
A vous de vous faire votre propre opinion. Attention au sens du sondage, il ne s’agit pas d’admirer ou de mépriser tel ou tel métier, mais de le considérer comme difficile.
L’université que j’aimerais bien intégrer. Yuki et Andô ont été bien aimables de me faire une visite guidée de l’endroit. Et cette fois, les photos sont présentes
Le campus du NTI est assez grand, plus que celui de mon école d’ingénieurs à Paris. Il y a plusieurs hectares de bâtiments + des terrains sportifs, sans que la chose soit pour autant aussi impressionnante que l’université principale de Nagoya (名古屋大学 - Nagoya Daigaku).
J’ai eu l’occasion de parler avec deux professeurs, chacun étant une éminente pointure dans son domaine, reconnu à travers le Japon. Le second professeur notamment, Shintani-sensei, est célèbre dans le cercle japonais de la recherche en intelligence artificielle. J’ai pu voir en avant-première un nouveau concept pour lequel un brevet sera bientôt déposé : une couche d’abstraction en matière de téléphones portables, par l’intermédiaire d’un browser en flash (pour cellphone, donc) qui permet de naviguer sur n’importe quel type de site web, encapsulant automatiquement police et encodage (!). L’intelligence artificielle intervient ici en matière de répartition des charges et processus sur un ensemble de serveurs, utilisant la théorie des jeux. La théorie des jeux est employée dans des protocoles à l’image du célèbre bittorrent. N’ayant pas un vocabulaire scientifique abondant en japonais, certaines choses ont dû m’être expliquées dans la langue de Shakespeare. C’est la seule fois où j’aurai parlé Anglais pour une autre raison que demander un mot japonais !
C’est décidément un domaine dans lequel j’aimerais travailler. J’ai aussi pu, dans la conversation, mettre le doigt sur les recherches en gameplay - l’autre grande partie de la branche jeux en intelligence artificielle. La recherche en gameplay ne semble pas être très valorisée au Japon, et certainement pas dans les cercles académiques.
Anecdote intéressante sur le NTI, une partie de son campus recèle quelques trésors archéologiques, notamment ce monticule abritant des tombeaux de rois antiques :
Dans mon ancien lycée (Henri IV, Paris), l’une des cours recelait semblable trésor, des tombeaux de l’époque de Clovis.
C’était la minute archéologique :p
La salle de recherche où Andô travaille sur les ultrasons :
On voit clairement que certains étudiants sont malgré tout atteints d’otakuïsme
Même Yuki connaît Haruhi Suzumiya !
Notons aussi la présence d’un lit dans le coin (au fond sur la première photo), pour dormir le matin en cas de nuit blanche acharnée à travailler. Pratique ! On remarque aussi que les étudiants ont leur propre ordinateur et travaillent pour la plupart en dual screen. Il y a encore du chemin à faire par chez nous.
S’ensuit un déjeuner à la cafétéria locale :
Puis, l’après-midi, discussions avec divers groupes de recherche, notamment un groupe d’étudiants qui travaillent sur la reconnaissance de voix et de mouvement pour les robots. Un robot-samurai qui fait des prises de Juu-jutsu, un robot-bébé qui vous fait des additions ! Et qui, bien sûr, a oublié son appareil photo numérique dans la cafétéria à ce moment-là ? Bibi, bien sûr
Une photo du poste de recherche de Tatsuya, qui tourne sous Vine (distro japonaise de linux) :
Kamimaezu - quartier commercial
On y trouve quelques magasins à l’image des célèbres otaku shops d’Akihabara. Les mangas “dérangeants” ne sont même pas en fond de magasin ou sur étagères surélevées, ce qui est toujours déroutant pour le gaijin au début. (gaijin = argot local pour désigner un étranger)
Je me suis offert ceci :
Les trois font 20cm, et pas plus de 3000 yen pour l’ensemble. Soit une vingtaine d’euros.
Dans le coin du quartier commercial, on trouve également des temples comme celui-ci :
Une caractéristique du paysage urbain japonais : les câbles. Ceux-ci ne sont jamais enterrés, à cause des tremblements de terre. On pourrait penser de prime abord que c’est une entorse au paysage, mais personnellement je trouve que ça a un certain charme…
Terminons par quelque chose d’insolite : ce bâtiment à la façade repeinte, comme nous en avons à Paris :
Bowling
Un petit bowling le soir, ça ne fait pas de mal. Après avoir mangé au McDo-like japonais, on se rend au dégommage de quilles. Photos au hasard d’un carrefour :
Comme il faut du temps pour libérer les places au bowling, on se balade dans le centre de jeux à côté. On y trouve des machines de pachinko et de tout un tas de jeux d’argent, ainsi que des UFO catcher.
Il n’y a pas que les peluches que l’on puisse attraper ! Regardez bien…
De retour au bowling … Bah, les vidéos parleront mieux d’elles-même !
Toutes les heures, les joueurs ont le droit à un special game où toutes les pistes de bowling s’affrontent simultanément, indépendamment des scores. Notre tir ne fut pas fameux :p
Second special (après la fin de notre partie, qui dura deux bonnes heures) :
Toujours pas de “vraies” photos, j’en ai prises un peu sur mon portable, du genre :
Entrée de temple pendant le voyage en voiture
Petit dej’ du guerrier
J’ai passé le dimanche avec la famille de Tatsuya, une promenade très sympa dans le coin des anciennes maisons rurales traditionnelles (protégées par le world heritage). J’ai pas mal apprécié les heures de route qui m’ont donné un bon aperçu du paysage local, c’est-à-dire montagneux et vraiment, vraiment recouvert de forêt. Comme l’avait dit le prof de civilisation, les Japonais ne semblent pas toucher aux forêts, pas plus qu’ils ne semblent s’en occuper. En regardant de plus près, on a en effet l’impression qu’ils se content simplement de la “contenir”. Les arbres n’ont pas l’air entretenus, se poussent les uns sur les autres, les troncs cassés ou tombés ne sont pas enlevés - tant qu’ils restent dans la forêt bien sûr. On a du mal à imaginer quelqu’un s’y balader, et visiblement ça ne se fait pas. La forêt reste un sanctuaire plutôt impénétrable, qui dégage cette odeur de mysticisme plutôt agréable au gaijin.
Les autres photos et vidéos intéressantes ne sont pas sur mon appareil et seront mises en ligne plus tard. Pour finir, mes omiyage - cadeaux-souvenirs, en l’occurrence de France - ont été assez appréciés et j’en suis content. Surtout le jeu de pétanque (oui j’ai trimballé un jeu de pétanque dans l’avion) (je voulais offrir au moins un truc original). Les autres omiyage : nappe et serviettes de table pour la mère, armagnac pour le père, et Ricard pour Tatsuya. Le jeu de pétanque étant un cadeau “familial”. Et on a gagné la partie \o/
OP1, We are : On entre dans la légende. Précédé de la célèbre voix-off qui présente le fabuleux monde de Gold Roger, c’est un opening mythique dont la marque sentimentale dans le coeur des fans se retrouve tout à fait dans la façon passionnée dont l’air fut scandé tel un hymne national du grand shounen par une salle de karaokékas en larmes à la dernière Epitanime. Tout y est : le Luffy et son célèbre saut de joie, l’appel à l’aventure, le refrain rappelant les grands thèmes Disney…
OP2, Believe : Toujours la voix-off si charismatique, devant un panel flashback de persos rencontrés impressionnant, alors que l’équipage n’a même pas pénétré le Grand Line. Devant cette richesse concrète de l’anime que l’on nous résume en ce début de générique, la voix-off enrichit nos valeurs abstraites avec un discours nekketsu qui - pour une fois dans le monde de l’anime - n’a rien de lourdingue pro-nippon. La suite du générique est principalement faite de scènes flashbacks coupées, mais on l’excusera volontiers - ce qui fait défaut par exemple aux Gundam. Il nous rappelle le monceau d’aventures déjà vécues avec le premier générique. The nakama way of life.
OP3, Hikari : Dans le même esprit que We are, il se concentre un peu plus sur la “journée type” de nos amis pirates. J’aime moins ce générique que les autres, probablement parce qu’il fait trop “générique de croisière”, ce qu’il est en somme. Pas vraiment d’appel à l’aventure, pas vraiment de sentiment à la One Piece… Il manque l’image de Shanks, de Roger, ou d’un autre perso secondaire qui a contribué à l’édifice monstre de charisme des autres persos. La voix-off, encore présente, relève tout de même le niveau.
OP4, Bon voyage : Un générique que je détestais quand je l’entendais en musique autrefois, sans l’avoir vu avec les images. Mais une fois cette erreur réparée, il devient un générique que j’adore. Un début calme de vacances, qui met en confiance. Luffy remplace ensuite la voix-off, sans pour autant faire perdre de charisme. Mieux, il transmet son excitation au spectateur. Après le premier refrain et un début assez calme, c’est le retour du célèbre saut de joie de Luffy au second refrain ! S’ensuit ce qu’on attendait depuis Hikari : des flashbacks remplis d’amitié - et du Shanks ! - sur les persos, et même un peu de spoil sur Robin.
OP5, Kokoro no Chizu : Un monstre de générique. Je me suis passé un nombre incalculable de fois KnC en boucle. Et pourtant, il signe la disparition de la narration en début de générique (voix-off ou Luffy). Mais l’entrée se fait dans le beurre, avec un équipage chutant avec Merry vers la planète malgré eux vers de nouvelles aventures, comme des ingrédients qu’on jette dans un potage miraculeux. Après le classique morceau “présentation des persos et tranche de journée” pendant le premier couplet assez calme, la voix de la chanteuse repart sur un refrain tonitruant présentant les aventures à venir, comme le prix à payer pour cette liberté incarnée par Kaku (…) qui vole au-dessus de la ville. Et le retour d’une intonation très Disney. Même sans Shanks, ce générique est l’un de ceux qui se défend le mieux.
OP6, Brand new world : L’apogée du géné One Piece, juste avant le 7e (la chute). Pas de période calme pendant ce générique, tout est entraînant au possible, même pendant la présentation des persos de début de géné. Et tout de suite, du gros charisme, et pas du petit : Baggy (!), Kurohige, Smoker, Ace, Shirohige, Mihawk, l’Amiral Suprême, le Gorousei, Shanks. Phew. Suit une tranche de journée avec un découpage énorme du petit Merry qui bientôt ne sera plus, fuyant la Marine sur une carte. Et là, on prend tout dans la tronche : Luffy en Gear Second, qu’on n’a pas encore vu en action, du Zoro égal à lui-même, du Sanji qui résiste avec classe et indifférence à la plus grosse kickeuse de la planète, du Usopp/Sogeking sûr de lui, une Nami qui a soudain décidé de poutrer - comme si des tocards pouvaient imaginer qu’elle soit potiche, elle, le cerveau du groupe -, du Frankie qui se chorégraphie de manière bluffante, et du Chopper juste… bouillant. Une débauche de puissance longtemps attendue, et qui sera entièrement justifiée, par la gestion de maître d’Ôda sur les escalades de pouvoir physique en shounen. D’ailleurs seul auteur à les gérer si bien. On conclut avec un CP9 auquel l’équipage tient tête fièrement, avec une Robin qui se chie dessus face à tant de pawa déployé pour elle, simple nakama. Et le spectateur doit en faire autant. Pauvre slip.
Et là, c’est le drame.
OP7, We are - remix3d : Et là, c’est le drame. Non que les épisodes flashback en eux-même dérangent, mais le remix de We are est tout simplement désastreux. On se croirait chez Sunrise pour la course à l’épisode-bouchon. Non, non, non !
OP8, Crazy Rainbow : Un faux air de Blink mâtiné de ska, qui n’a pas de grand rapport avec ce à quoi on nous a habitué. Et encore une fois, le parti pris de Hikari de simplement nous conter une tranche de journée pendant tout le géné. Seulement voilà, ça serait passé avec une voix-off et un peu plus de charisme qu’un trio Mihawk, Ace et Shanks (pourquoi ces trois seulement, un rapport précis ? …). Il n’est pas si naze que ça, mais vraiment moyen. Et quand on a eu droit à Brand new world avant, ça fait assez mal. Surtout quand dramatiquement, l’histoire en est encore au point culminant. Pourquoi un générique si détendu, alors qu’on va en arriver à quicher enfin Rob Lucchi et voir Gear Third en action ?
L’histoire d’un salaryman typique (quoique jeune et travaillant dans une boîte de pub pas trop ringarde) avec son épouse qui fait femme au foyer, qui va subitement se retrouver forcé d’échanger sa place avec sa femme. Il se fait éjecter de son boulot, et elle a la chance d’en trouver un à ce moment-là. L’axe dramatique principal, c’est donc la confrontation d’une mentalité jap enracinée et bien plus matchiste que ce qu’il reste chez nous - selon laquelle l’homme est protecteur du foyer avec son honneur blablabla, pendant que bobonne reste à la maison faire le “boulot facile” - avec une réalité toute autre. C’est chaleureux et rempli de situations de la vie de tous les jours. Et d’affection. Moi, j’adhère.
C’est un drama, donc bien sûr pour ceux qui n’aiment pas ça (je fais partie de ces gens qui kiffent d’ailleurs pas beaucoup en temps normal), ça vole pas toujours super haut. Par contre c’est très sympa et ça détend bien. Je le recommanderais surtout parce qu’il est bien pour voir un peu comment est la vie de tous les jours là-bas, notamment chez soi. Formules de politesse et tout et tout. Si vous envisagez de vous rendre au Japon prochainement, ça vous aidera bien plus qu’une dizaine d’anime ou qu’un Kitano.
Début avril au Japon, c’est la floraison des cerisiers, ou sakura. La plupart des gens font des sorties pour aller les admirer : cette activité s’appelle hanami (花見, mot-à-mot “fleurs-regarder”). Deux superbes photos prises par Tatsuya pour l’occasion.