
Sayuki c’est ça, mais avec uniforme.
Ca faisait un bail Roberto, un petit post dans ce journal onirique. Faudrait que je pense à transférer l’intégralité du journal onirique en .doc qui traîne sur mon PC, un de ces jours. Y’a quand même des trucs à se loler.
Japon, 1910.
Oui, l’image ci-dessus - qui vous incite à lire - fait très 1910.
Comme dans chaque rêve, la magie, c’est qu’il n’y ait pas besoin d’explication au fait de se trouver ici, maintenant, près d’un bâtiment aux briques rouges et aux grands vitrages qui a très peu sa place au Nippon du début de siècle. Mais qu’importe. J’ai découvert les affres du rabu hoteru au pays de l’Oncle Satô. Je sais Roberto, il n’y avait probablement pas ce genre de chose non plus à cette époque, mais le setting était déjà fait, les acteurs castés, le tournage engagé.
Je m’avance donc vers ce bâtiment curieux, qui a plutôt tendance à me faire penser à une sorte de lycée dans le Nord - et c’est ce que c’est, un lycée. Mais un lycée avec des domestiques, ainsi qu’un maître et une maîtresse de maison. Bah. Là où je suis convaincu que quelque chose ne va pas dans ce Japon lillois, c’est que le type de l’accueil me répond en Français par l’encadrure de sa fenêtre. Faut arrêter de déconner Kentaro, ton pays a fait inventer le Toeic, et tu vas me dire que je peux tomber comme ça sur un parfait bilingue Français, et qu’en plus vous le foutez à l’accueil d’une minable école… alors qu’il devrait faire partie d’un cercle académique pour l’occasion ?!
“Ouais, tu peux bosser, faut aller de l’autre côté pour la maîtresse de maison.”
Au début, Roberto, je pensais que c’était parce que je suis un gars que je devais aller voir la maîtresse de maison, mais en fait c’est juste parce que je veux bosser en sous-fifre. C’est normal, c’est une maîtresse de maison. Esprit mal placé.
C’est là que s’interpose sur mon chemin une charmante jeune fille. Nous échangeons quelques mots de politesse, tandis que - magie du rêve - elle m’emmène vers un endroit que je ne connais pas, puisque j’ai de toute façon oublié que je venais pour un boulot.
- ???に行きたいの?
- えと、あの言葉が分かりませんけれど~
- あら、マジで?日本語分かるの?
- いや、俺、下手だから
Notez le subtil changement de ma première réplique à la seconde, du genre “ça y est tu m’as répondu, je suis intégré, on est potes, marions-nous, faisons la guerre ensemble, mêlons notre sang jusqu’à la mort”. Le mec qui passe de l’über-politesse au 俺 le plus Kentaro qui soit.
Nous folâtrons donc quelque peu dans les environs, comme si nous nous connaissions depuis dix ans, ou plutôt comme si elle était jap et moi gaijin, avant de monter à ce ラブホテル des merveilles. Parce que bon, elle et ses copines ont beau utiliser cette chambre avec le prétexte d’y “déposer leurs sacs”, ça sent quand même la copulation cette affaire. Notez que lesdites copines sont absentes de ladite chambre, ce qui aboutit à la conclusion fatale selon laquelle je ne peux toujours pas ajouter le trois-some à mon palmarès onirique. Par contre, je défends la francophonie avec une ferveur académique. La salle est tapissée de coussins, et nous folâtrons un peu plus en adultes.
Jusqu’à être interrompus par lesdites “copines”, qui soit dit en passant ne sont pas très amicales envers ma douce conquête (?). Elles déboulent telles des truies dans la piaule, tandis que je mime admirablement le mec endormi qui n’a rien à faire là. Après avoir mimé le mec endormi qui ouvre les yeux plein de surprise, je m’aperçois qu’elles cherchent leurs affaires, ce qui dans une certaine mesure paraît logique. Sayuki, quant à elle, cherche déséspérément un bouquin - en Français bien sûr, ils sont tous académiciens dans le coin - parmi tous les livres éparpillés sur le sol. Non Kentaro, ne me demande pas comment ils sont arrivés là. Je tente de l’aider, mettant en avant le fait que j’ai une facilité déconcertante à lire les lettres latines. Un de mes potes jap (IRL) m’a en effet soutenu avoir abandonné les RTS à cause de la lecture, non de l’anglais, mais de la simple graphie latine. Ca lui piquait les yeux. Blasphème, infâmie ! Je le dirai à Roberto.
Mais c’est une amie à elle - une avec laquelle j’aurais, je pense, refusé le trois-some - qui finit par trouver l’ouvrage, dont j’ai oublié le titre. C’est à peine si je me souviens qu’il ne comportait qu’un seul mot. Puis, je me réveille, il est l’heure de nous quitter Kentaro. Il est quand même 17:30 après tout.
Alors voilà. Franchement, si dans un rabu hoteru il n’y a même pas de sécurité contre les grognasses qui viennent vous ennuyer pendant que vous folâtrez amoureusement avec une conquête d’il y a dix minutes qui vous a fait perdre une occasion de job, je me demande où va le monde. Ensuite, pourquoi s’étonner que 75% des lycéennes de Tôkyô se soient faites accoster dans la rue par des vieux pervers, quand on sait qu’aller déposer son sac à dos dans un hôtel du cul est une pratique courante ? Et pourquoi continuer à véhiculer le stéréotype comme quoi les Japonais parlent mal les langues étrangères, alors qu’ils sont tous francophones !
La preuve IRL !! :

Tous francophones !