50 Cent Bulletproof
Passons sur l’histoire du trip marrant d’incarner un jeune gangsta en proie aux guerres de gangs sévissant dans sa rue de Compton, Long Beach ou ailleurs. C’est évidemment une approche “décalée” du jeu que l’on peut effectivement avoir, tout comme pour un GTA. Passons aussi sur le gameplay, qui de toute façon ne peut pas se targuer (à mon avis) de présenter ne serait-ce qu’un dixième des quelques idées novatrices présentes dans un Def Jam Vendetta, l’un des rares jeux orientés “hip-hop/weshos” valant le coup d’oeil - on laisse de côté Jet Set Radio qui n’a rien à voir, bien entendu (je pratique moi-même le graffiti et ne supporte pas son assimilation au mouvement racaille, tout comme c’est le cas pour le breakdance).

Que dire ? Voir un truc pareil me laisse pantois. Ne nous avançons pas jusqu’à interpréter un mal-être social dans ce portage sur console de tels “fantasmes” de préadolescents à moustache bourgeonnante, qu’ils aient treize, vingt ou trente ans. Loin de moi l’idée de tels jugements approximatifs, bien qu’ils soient très tentants.
Ne souhaitant pas lancer de polémique, je ne m’attacherai qu’à vous faire remarquer quelques petits détails.
50 Cent se prend-il pour un nouveau Muhammad Ali, l’homme qui vilipendait les conformismes (c’est certes une bonne chose), mais affichait aussi publiquement sa haine de la race blanche ? C’est à vous de décider. Que la réponse soit positive - vous noterez que la bête est loin d’avoir le charisme ou le mérite du boxeur qui mit à terre Sonny Liston - ou négative, cela relève de votre propre opinion de la chose.
Pourquoi évoquer une telle chose, me direz-vous ? Tout simplement parce que dans le lot de screens filé aux critiques (magazines ou sites spécialisés, comme la galerie de jeuxvideo.com), il y a au moins trois screens présentant des affrontements contre des blancs. Ce sont les seuls ennemis du jeu qu’il nous est permis de voir à ce jour. Sur le reste des screens, on ne voit pour l’instant qu’un perso ou des éléments d’interface.



De là à interpréter cela comme une tentative de galvanisation du public visé (jeunes noirs de ghettos américains comme racailles de France), il n’y a qu’un pas que, je vous l’avoue, je n’ai pas eu de peine à franchir. Oui, les “blancs” en question sur ces screens promotionnelles peuvent être wasps tout autant que latinos, mais une chose est sûre : ces premières screens ne montrent que des individus à peau claire en tant qu’ennemis. Ce qui d’ailleurs, soit dit en passant, est un détournement de la réalité. Pourquoi ? Parce que les vraies guerres de gangs sont entre noirs. Les seules vraies croisades contre les péchés commis par les blancs, ce sont des Cassius Clay, des Malcom X, des Luther King, pour ne citer que les plus célèbres. Des personnes affichant une véritable personnalité ou un véritable argumentaire avec expérience historique. Pas un rappeur usant de phénomènes de mode consistant à blâmer gratuitement les blancs au travers d’un jeu à tirage planétaire, pour se trouver une raison de vivre.
Alors le jeu en lui-même, soit… Si on aime le rap comme c’est mon cas (le bon, c’est-à-dire DMX ou autres Big Punisher), si on a besoin de se dresser le zizi en se prenant pour le caïd de la rue, ok. Mais au moins, que l’approche marketing ne se base pas sur un fléau de société contre lequel de tels “artistes” prétendent lutter. A savoir le racisme.



















